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Le Message Sensitif des Dents et ses Conséquences Délétères.

Le Point de la Question.

Aussi invraisemblable, en première analyse, que ce soit, dans 80 % des cas le bruxisme centré (ou crispation des mâchoires dents serrées jour et/ou nuit) est la cause réelle de la fibromyalgie, du syndrome de fatigue chronique, du syndrome de l’intestin irritable, de la cystite interstitielle, de la migraine, de la migraine accompagnée, des crampes nocturnes dans les mollets, de la fièvre prolongée inexpliquée, des acouphènes à type de bourdonnement, de certains vertiges et découverte personnelle de formes cliniques de la vulvodynie et de la dyspareunie…

Depuis longtemps Basbaum et Reichert, deux brillants neurophysiologistes, ont prouvé que des structures de notre organisme appartenant au territoire de nerf trijumeau, par conséquent  les dents, étaient susceptibles de projeter leur information sensitive dans des territoires «non-trigéminaux».

Nous sommes spécialisés dans une région appartenant au nerf trijumeau : la bouche et les dents.

Nous rappelons que nos dents possèdent entre elles une sensibilité tactile d’une finesse diabolique = 0,009 millimètres, bien supérieure, par exemple à celles du cambrioleur qui avec son pouce et son index peut apprécier les aléas de la combinaison d’un coffre-fort. Il y 43 ans une équipe du Laboratoire de Neurophysiologie Végétative C.N.R.S Marseille, dont j’ai eu l’honneur de faire partie a établi sur le plan international la double sensibilité des récepteurs du ligament parodontal (ligament qui fixe la dent dans l’os alvéolaire de vos mâchoires). Référence conférence et publication BRISTOL 77

Cette double sensibilité est constituée par deux types de récepteurs ayant des fonctions très précises : Ce sont des mécanorécepteurs qui répondent dès qu’une pression, fût-elle très légère, est appliquée sur la couronne dentaire.

Cette donnée a été mise en évidence pour la première fois au niveau d’un seul neurone, grâce à la technique de Noël Mei, Directeur du laboratoire de neurobiologie C.N.R.S. Marseille, dans ma thèse expérimentale réalisée au C.N.R.S intitulée : Etude chez le chat anesthésié des différents récepteurs du territoire trigéminal – Enregistrement au niveau du ganglion de Gasser par micro-électrode extra-cellulaire.

En résumé, pour les dents, la mise en évidence de deux types de récepteurs :

* Récepteur type 1 = récepteur tactile (ou de toucher)

* Récepteur type 2 = récepteur de la douleur (mécanique ou chimique= bradykinine dans une infection dentaire)

Ces récepteurs, n’ont rien à voir avec les récepteurs au froid que notre équipe du C.N.R.S. (Marcy, Dejouhanet) a mis en évidence dans la dentine (ivoire), travail que j’ai exposé à Osaka (Japon), en 1980.

Ces auteurs ont confirmé sur le plan neurophysiologique, mes travaux qui remontent à 1970 dans lesquels je mettais en évidence des récepteurs dentaires de percussion. Intérêt de cette recherche fondamentale ? une application clinique immédiate !

La percussion légère comparative entre une dent saine et une dent cariée, dont la carie n’est pas visible, permet au chirurgien-dentiste de déceler cette carie éventuelle, avant même la confirmation de celle-ci par une radiographie dentaire: la dent cariée est la seule sensible à la percussion.

Rappel : la sensibilité tactile dentaire part des dents, entre dans le crâne par les branches (V2 et V3) du nerf trijumeau, et traversent le ganglion trigéminal pour gagner l’immense noyau sensitif du nerf trijumeau (ou 5ème paire cranienne, symbolisée par le chiffre romain V).

(Ganglion de Gasser actuellement ganglion trigéminal)

Il convient de rappeler la définition de Wikipedia montrant toute l’importance de ce ganglion :

Le ganglion trigéminal se situe à la base du crâne, sur la face endocranienne antérieure (c’est-à-dire antéro-supérieure) du rocher de l’os temporal où il répond à l’empreinte trigéminale proche de l’apex. Il est disposé dans un dédoublement de dure-mère appelé cavum trigéminal ( de Merckel ).

Sa forme est plus ou moins celle d’un croissant dont la convexité regarde en avant et en dehors. De ce bord antérieur émergent les trois grosses branches de division du nerf trijumeau : les nerfs ophtalmique (V1), maxillaire (V2) et mandibulaire (V3). Tandis que les nerfs ophtalmique et maxillaire sont purement sensitifs, le nerf mandibulaire est sensitivo-moteur car il s’anastomose avec la racine motrice du trijumeau dès que celle-ci émerge du foramen ovale.

En dedans, le ganglion trigéminal est en rapport avec la carotide interne et la partie postérieure du sinus caverneux. Il reçoit du côté médial des filets nerveux en provenance du plexus carotidien sympathique. En bas il est en rapport avec la racine motrice du trijumeau qui sort du crâne par le foramen ovale, et avec le nerf grand pétreux superficiel.

Le ganglion trigéminal est un relais sensitif équivalent à ceux présents dans la corne postérieure de la moelle, zone de la sensibilité. A la sortie du ganglion trigéminal, les milliers de récepteurs tactiles des dents du haut et du bas se jettent, en masse, dans l’immense Noyau Sensitif du Trijumeau (N.S.T) ou Noyau Sensitif du V (N.S.V) : réservé à cet effet.

Il est étonnant de constater que le plus grand noyau sensitif de notre organisme a été privé, jusqu’à ce jour, de la description anatomique des récepteurs tactiles dentaires, autrement dit de la dent, la seule structure de notre organisme capable de traverser, quasi intacte, des millions d’années.

Cette description révèle que 80% de la surface du (N.S.T (schéma) est réservé essentiellement aux récepteurs tactiles dentaires deType1. En effet, seuls les chercheurs savent, très bien que l’immense Noyau Sensitif du Trijumeau est divisé en plusieurs segments : noyau mesencépnalique, noyau sensitif principal, sous noyau oral, sous noyau interpolaire, sous-noyau caudal. Ce dernier noyau, réservé à la douleur pure est le seul noyau qui a retenu l’attention de la médecine. Il a été particulièrement bien étudié et décrit par elle. C’est ainsi, qu’on a su reconnaître l’algie vasculaire de la face et la névralgie faciale essentielle.

La réalité neurophysiologique démontre, à l’évidence, que la dent est une structure prodigieusement sensible, encore plus que la main, puisque les chercheurs chirurgiens-dentistes japonais ont prouvé que le schéma de Penfield, vieux de 70 ans était totalement obsolète. Des générations de chercheurs se sont complues à conclure que la dent devait végéter à jamais dans la définition d’Ambroise Paré «La dent: la plus atroce des douleurs sans mort ».

Ce qui est totalement inexact.

Seuls sont décrits, sur le plan médical en détail et avec une grande exactitude les 20% terminaux du (N.S.V) consacrés à la douleur pure : à savoir la névralgie faciale et l’algie vasculaire de la face.

Manquent donc les 80% restants dont nous avons parlé plus haut.

En réalité, les chercheurs chirurgiens dentistes japonais ont prouvé à l’aide de l’Imagerie à Résonnance Magnétique fonctionnelle(I.R.M.f) qu’un léger serrement de dents (bruxisme centré) avait bien plus de retentissement au niveau du cerveau qu’un léger serrement de main.

Bien que le mécanisme du cheminement des récepteurs tactiles dentaires soit bien connu, il n’est pas possible, à l’heure actuelle de savoir pourquoi telle malade parmi les femmes, (90%en majorité écrasante), aura simplement des douleurs cranio-faciales, l’autre des crampes nocturnes dans les mollets, l’autre le syndrome de l’intestin irritable, l’autre les trois associés, symptômes parfois accompagnés parfois de vulvodynie et de dyspareunie.

Nous sommes en 2020, et déjà de nombreux cas classés « incurables » se révèlent être de cause dentaire (bruxisme) et parfaitement « curables » par le biais de la technique Hartmann-Cucchi.

Une méconnaissance de la neurophysiologie de la dent de l’organe dentaire et de la neuro-anatomie fonctionnelle empêche les praticiens d’appréhender clairement la réalité. Et ce n’est point la faute de l’étudiant en médecine auquel on n’a pas appris ces données élémentaires de compréhension.

Enfin, nous insistons auprès des personnes qui souffrent de maux non identifiés et répertoriés sous le titre de « fibromyalgie » dite de cause inconnue, de prendre une très réelle conscience de leur éventuelle manie (inconsciente) : le serrement de dents (grincement, serrement++, tapotement, frottement des dents, mise des dents en simple contact permanent.

N’hésitez-pas à informer votre praticien (médecin ou dentiste) de l’existence chez vous de cette dyskinésie (mauvais mouvement), communiquez-lui les coordonnées de ce site pour lui fournir toutes les informations nécessaires à l’établissement d’un diagnostic de dysfonctionnement temporo-mandibulaire positif.

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3 Comments

  1. Bonsoir Professeur,

    et merci pour votre réponse aussi rapide.

    Je ne vous ai noté que le bruxisme centré qui a été diagnostiqué, mais pas le comportement de mes quenottes. Je m'en excuse.

    Chaque matin, j'ai toutes les peines du monde à desserrer les mâchoires, j'ai l'impression que les dents sont soudées, et les masséters tétanisés.

    Je ressens un craquement à l'ouverture de la bouche.

    La journée, je me surprends à "claquer" les dents.

    J'ai l'impression que la mâchoire inférieure glisse vers l'arrière, et que la langue se colle aux incisives.

    J'ai reçu votre livre hier et je comprends que l'accident de voiture que j'ai eu il y a 20 ans peut expliquer beaucoup de choses.

    Le fait de vous lire me rassure déjà : "ce n'est pas dans ma tête"…

    J'espère avoir pu vous apporter plus d'éléments.

    Dans l'attente de vous lire, je vous souhaite une belle soirée.

  2. Bonjour Pr Hartmann 

    Je m'appelle Sabrina j'ai 36 ans, il y a 2 ans j'ai eu un premier choc émotionnel avec une rupture (qui s'est arrangée) quelques mois plus tard la perte de 2 amis de mon age d'un cancer a 2 mois d'intervalle et une énorme claque professionnelle en même temps. 

    Mes premiers symptômes un sifflement dans l'oreille gauche avec une impression d'oreille bouchée. La narine gauche bouchée (sinusite), et la sensation d'avoir une arrête coincé dans la gorge du côté gauche. Je consulte 2 orl mais ras si ce n'est un craquement dans l'oreille gauche que je sens seulement qd je mets le doigt dans l'oreille.  

    Ensuite les symptômes suivants m'ont inquiété une sensation de fourmillements, de lourdeur sur le côté  gauche de la face !  Du coup scanner et irm cérébrale, scanner des sinus, irm du rachis cervicale … résultat RAS! Réponse des médecins "après ce que vous avez vécu ses dernières années c'est le stresse et l'angoisse !  C'est dans votre tête ! !". Dans la liste des symptômes que j'ai douleurs cervicale, maux de tête (front, tempe et arrière du crâne) douleur dans l'épaules, un point dans le dos, toujours au même endroit, vertiges impression de bras lourd, sensation d'être dans le coton, difficulté à se concentrer, depuis peu colon irritable, Rgo, maux de ventre, sciatique, … bref l'enfer. J'ai fait de la kiné pour cervicalgie et dorsalgie mais pas d'amélioration. Je suis aller voir un ostéopathe posturologue qui me soulage quelques semaines. De l'auriculotherapie, qui a nettement soulagée mes fourmillements et cette sensations de lourdeur dans la face, mais pour le reste rien a changé. 

    Mon conjoint me fait souvent la réflexion que ma bouche est mal mise. J'ai l'impression de reculer ma mâchoire inférieur, je sens que je serre les dents mais que du côté gauche et depuis que je m'en suis rendue compte j'ai l'impression de ne plus avoir de place dans la bouche pour ma langue (la pointe de ma langue en colle aux incisives du bas).

    J'habite dans les Ardennes et clairement j'ai l'impression d'être abandonné par le milieu médical on m'a collé l'étiquette "personne angoissée " sur le front et la seule réponse que j'ai c'est faites de la sophrologie ou de l'hypnose et apprenez a ne plus angoissée !!

    Malheureusement le fait de ne pas trouver ce que j'ai et d'avoir toujours mal m'angoisse encore plus ! 

    J'ai une gouttière qui ne me soulage quasiment pas.

    Je pense que je souffre de bruxisme mais je ne sais pas vers qui me tourner et quoi faire ! 

    J'espère pouvoir trouver de l'aide auprès de vous.

    Désolée pour ce roman, et merci de votre réponse, en espérant que vous puissiez m'aider ! !

    Sabrina 

     

    1. Bonjour Sabrina , 

      Votre cas met en valeur et justifie les publications internationales ainsi que mes modestes travaux , à savoir, la frustration est toujours à l(origine du bruxisme centré ou crispation quasi continuelle des mâchoires dents serrées. "La perte de 2 amis de mon âge d'un cancer a 2 mois d'intervalle et une énorme claque professionnelle en même temps. " est la genèse et à l'entretien de votre bruxisme centré ou serrement continuel des dents. Le médecins ignorent, hélas, cette loi de neurophysiologie dentaire : les dents ne sont en  contact normal entre elles que lors de la déglutition. Le nerf trijumeau, nerf des dents, particulièrement en présence  d'œstrogènes ne supporte pas d'être constamment sollicité et envoie des informations délétères dans tout votre 'organisme . En résumé , vous êtes parfaitement guérissable,  à une condition : vivre, dans un premier temps, de manière  OBESSIONNELLE les lèvres en contact 'd'une commissure à l'autre : le contact inter dentaire est alors impossible. Rappel fin février pour me présenter un bilan obligatoirement favorable si mes consignes sont  respectées à la perfection.

      Bien à vous

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