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Cas Clinique :

Les cas cliniques exposés datent de 1982 à 1992.

Mme M. A., 64 ans, est adressée par un confrère vertébrothérapeute pour des douleurs cranio-faciales fréquentes (environ cent jours par an) dont elle souffre depuis huit ans, malgré divers traitements.

La malade fait mention de sites algiques éloignés de la cavité buccale seins, bas-ventre, lombes.

Ces douleurs l’inquiètent beaucoup malgré de nombreux examens strictement négatifs.

Outre des nausées parfois suivies de vomissements, des vertiges, des sensations de brûlure oculaire lors de la fixation du regard, une fatigue installée dès le réveil et d’épisodiques ballonnements gastro-intestinaux, la malade se plaint également d’une petite fièvre quasi permanente (37°8) mais surtout d’acouphènes intenses où se mêlent bourdonnements et sifflements.

Elle avoue enfin être plutôt anxieuse et serrer souvent les dents durant la journée.

L’examen clinique révèle des muscles hyperalgiques à la palpation (ptérygoïdiens, triade de la dent), mais on n’observe ni déviation mandibulaire ni limitation de l’ouverture buccale, les craquements des ATM sont relativement inconstants et d’apparition plus récente.

L’électrophysiologie met en exergue une asymétrie de contraction aux dépens du côté droit, une baisse relative d’amplitude des Potentiels Evoqués Somesthésique (PES) du V à droite ainsi qu’un retard des PES gauches, enfin de discrets signes d’hyper-excitabilité trigéminale bilatérale prédominant à droite dans les réflexes de clignement.

Outre six séances de myorésolution locale (Technique Hartmann-Cucchi) réparties sur un mois et demi, la prescription de myorelaxant et une magnésothérapie oligosol sont complétées par des exercices de gymnastique mandibulaire diurne.

L’ensemble des signes régresse progressivement jusqu’à disparition complète, seuls persistent les sifflements d’oreille. Les résultats se maintiennent à ce jour avec près de trois ans et demi de recul.

Commentaire : Autant la thérapeutique Hartmann-Cucchi est spectaculaire dans les acouphènes à type de bourdonnement et de son grave, elle est malheureusement inefficace pour les acouphènes à type de sifflements.

Bibliographie en rapport avec le cas clinique cité

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5 Comments

  1. Cher Professeur,

    Je m’appelle Kathy, j’ai 40 ans et je vis en Belgique.
    En faisant des recherches sur Internet concernant les DTM, j’ai découvert le site « tmd-dentalmedical.org ».
    J’ai également lu votre livre « Mal de dos, Fatigue, Migraine… si vous serrez les dents ! » qui a pu m’apporter quelques réponses.
    Mais je souhaiterais avoir vos conseils, si vous le voulez bien, sur ma situation car j’erre de médecin à médecin…sans trop savoir quoi faire pour me soulager.
    Je veux tout simplement GUERIR, ne plus souffrir !!!
    Cela va faire bientôt 6 ans que je souffre de douleurs avec différents symptômes.
    Je vais essayer d’être claire dans mes explications car c’est « le parcours du combattant » depuis un long moment…
    Quelques jours après avoir accouché en 03/2013, je suis tombée en arrière et me suis étalée sur une plaque de verglas sur le chemin. Lorsque j’ai dû me relever, j’étais vraiment sonnée. Le médecin traitant m’a prescrit des antalgiques et m’a conseillé de mettre du froid dans le bas du dos ainsi que sur la main droite. J’ai eu beaucoup de mal pour m’asseoir pendant plusieurs semaines et j’ai eu un hématome au niveau de la région coccyx-sacrum.
    En août 2013, IRM lombaire pour douleurs Lombaires et sciatalgies D – Discopathie modérée sans évidence de hernie franche.
    J’ai en même temps commencé à ressentir des douleurs au niveau gynécologique (Brûlures, sensation d’écorchures, de coupures, d’écoulements…), douleurs au niveau de la région sacro-iliaque-coccyx, engourdissements/picotements au niveau de la joue D et du crâne, des cervicalgies, les mâchoires étaient crispées et dents étaient serrées au réveil.
    J’ai consulté ma gynécologue, une urologue, un dermatologue et un neurologue (IRM du cerveau normale, prescription de kiné cervicales et de vitamines B12). Ensuite, je suis allée consulter le service Pathologie des Muqueuses avec examens gynécologiques (ok) et urologiques (Jonction urétro-vésicale figée).
    Après des recherches sur le Net, j’ai pu découvrir que je souffrais du « syndrome du canal d’Alcock » bilatéral modéré diagnostiqué par la Neuro-urologue en 02/2016.
    Prescription de séances de kiné-uro (pas de résultats satisfaisants), douleurs toujours aussi vives !!!
    En 12/2016 et 02/2017, je consulte le Centre Multidisciplinaire d’Evaluation et de traitement de la Douleur : A l’examen physique : Diminution de mobilité au niveau du rachis cervical supérieur surtout en flexion et en inclinaison tant à G qu’à D. Contracture sous-occipitale bilatérale. Articulation temporo-mandibulaire : mobilisation douloureuse avec diminution de la diduction G et déviation latérale D à l’ouverture de la mâchoire. Anisomélie des membres inférieurs en faveur de la jambe G. Coccyx douloureux. Branche ischio-pubienne douloureuse prédominance D. Tension musculaire. Perte de mobilité pluriétagée. Prescription de kiné cervicale et ATM visant à la détente musculaire (par un stomatologue) + 3 séances d’ostéoptahie+kiné uro (cette kiné m’a apporté beaucoup et a pu diminuer mes douleurs – toujours présentes mais gérable) + activité physique+ sophrologie (que j’ai fait !!!).

    En 03/2017, Scintigraphie osseuse pour polyalgie et DTM bilatérale : Conclusion : Discret renforcement au niveau d’une vertèbre cervicale basse. Un discret foyer au niveau du maxillaire inférieur G d’origine dentaire. Une très discrète hyperfixation au niveau de l’ATM D. Absence d’anomalie visualisée au niveau de la région sacro-coccygienne et du bassin.
    Après avoir terminé les séances chez le thérapeute Oro-Maxillo-Facial, je devais réaliser une IRM des ATM (Conclusions : Luxation discale antérieure et légèrement interne du disque à G, réductible en ouverture buccale avec petite lame liquidienne sous discale antérieure associée. Aspect statique et dynamique normal du disque à D) et revoir le stomatologue. A la lecture du résultat, le stomatologue propose que je porte une gouttière (que je dois aller refaire retoucher tous les mois) la nuit, en journée (quand je le peux – déjà pas possible au travail) et quand je fais du sport.
    Au bout de 6 mois, douleurs plus intense à tous les niveaux : tempes, mâchoires crispées, dents serrées, migraines, vertiges, nausées, cervicalgies, acouphènes… Il me conseille alors de la porter plus souvent !!! A ma demande, il me fait une prescription pour retourner chez le thérapeute (Il est indiqué séance de kiné maxillo faciale avec gouttière en place !!!)
    En 03/2018, le thérapeute me déconseille de faire les séances avec la gouttière « souple ». J’abandonne cette gouttière qui a, je pense, accentué mon problèmes aux ATM (je serre également les dents en journée). Ces conclusions lors de la 1ère séance : Des contractures des muscles masticateurs à prédominance G. Le masséter, les Ptérygoïdien Médial et Latéral avec Triggers points actifs douleurs référées ATM. Les Temporaux (Fx Ant principalement) avec douleurs référées temporales, mais aussi le Trapèze Fx sup avec douleurs référées vertex. Raideurs mobilité nuque en rotation, inclinaison et extension avec algie brachiale G. (Uncodiscarthrose pluri étagée avec rétrécissements des trous de conjugaison C3-C4-C5 G – IRM 02/2018). Un asynchronisme respiratoire en mode dit « Mixte » avec une malposition linguale. Des habitudes nocives de serrage dentaire non perçu.
    Malgré le traitement chez le thérapeute, les cervicalgies G ou le muscle sterno-cleido –mastoidien G ? me font souffrir, céphalées, douleurs crânes + sensibilité au niveau des cheveux. J’ai également reçu une infiltration pour la névralgie d’Arnold.
    Après le traitement kiné, j’ai reçu 2 péridurales cervicales (Rétrécissement au niveau C4-C5-C6+arthrose) à 1 mois d’intervalle. Il n’y a eu aucune amélioration.
    Ensuite, j’ai vu une neurologue qui m’a dit que je souffrais de céphalées de tension chroniques. Elle m’a prescrit le Redomex (12,5mg Sem 1, 25 mg Sem 2, 50mg Sem 3, 75 mg Sem 4 – si nécessaire)+ algostase en cas de douleur (qui ne me fait rien !). Je prends du 50 mg, les douleurs au niveau frontal ne sont plus trop présentes mais le haut et les côtés du crâne restent douloureux, les cervicalgies ou le muscle sterno-cleido –mastoidien G ? sont toujours très présentes. Dernièrement, elle m’a prescrit un myorelaxant « LIORESAL » que j’ai commencé à prendre aujourd’hui (ce 02/01/19).
    J’ai aussi consulté 2 orthodontistes.
    Diagnostic de l’un : classe II,supraclusion,encombrements inférieurs,ligne médiane déviée à droite. Examens radiologique: mésofacial à tendance dolichofacial. Il me propose de porter un appareil ortho afin de réaligner les dents (et que je mords certainement dans mes gencives) sans me garantir un soulagement des douleurs.
    Diagnostic de l’autre: plus ou moins la même chose que le précédent. D’abord, porter une plaque occlusale pdt 1 à 2 mois pour voir s’il y a une diminution des douleurs. Si diminution, port d’un appareil ortho avec une chirurgie de la mâchoire inférieure…
    J’ai vu également vu une ostéo spécialisée dans les DTM et troubles uro-génitaux. Elle m’a dit que le problème venait de la région coccyx-sacrum avec une différence au niveau du bassin. Elle me propose d’y aller progressivement, de remettre le bassin à niveau avec l’aide d’un autre ostéo et par la suite de faire une manoeuvre gynécologique pour remettre le coccyx convenablement. A partir de ce moment-là, elle me dit que le haut serait libéré et qu’on pourrait travailler le reste et que ce ne serait peut-être pas nécessaire de porter un appareil ortho. Du coup, je ne voudrais pas avoir de nouveau mal en bas (les douleurs à ce niveau-là, je les gère et si cela s’empire, je sais que je peux retourner chez la kiné-uro qui m’a soignée. Je porte également des semelles car je suis suivie par un posturologue et sans les semelles, ça ne va pas en bas!!!

    En attendant, j’ai mal… et je ne suis pas vraiment soulagée !!!
    Je voulais savoir si vous connaissiez des spécialistes dans le même domaine que vous en Belgique ? Ou si pas, en France (je suis disposée à me déplacer) ? Quelqu’un qui pourrait analyser mon problème « sans jugement » et faire le traitement adéquat…
    Je vous remercie de m’avoir lue et je vous remercie d’avance de votre réponse.

    1. Bonjour Kathy, J’ai lu avec attention vos doléances Votre cas est trop complexe pour vous donner une réponse sur l’ensemble de vos symptômes. A première vue il semble bien que l’IRM des ATM apporte une réponse à vos problèmes, j’ai déjà rencontré de semblables symptômes chez des patients présentant une luxation discale réductible l’ATM. En premier lieu est IMPERATIF d’appliquer à la LETTRE pendant un mois la technique Hartmann-Bratzlavzki décrite avec minutie dans ce site. Je vous recontacte rapidement.
      Bien à vous.

      1. Professeur,

        Je vous remercie de votre réponse.
        Je compte appliquer à la lettre la technique Hartmann-Bratzlavzki ainsi que les gommettes pour éviter tout serrage dentaire.
        A très bientôt.
        Kathy

  2. sabine, 46 ans, en 2014 , je confie au professeur HARTMANN les problèmes que je rencontre, insomnies, douleurs aux cervicales intenses, crampes musculaires,cystite interstitielle, il me demande si je serre les dents, et alors que je ne m’étais jamais pose la question, je réalise que oui je serre les dents à tel point que la forme de ma mâchoire inférieure s’est épaissi, que souvent je me réveille avec une sensation de pression dans les dents, des maux de tête. le professeur HARTMANN me conseille me donne des conseils, des techniques afin de ne plus serrer les dents. aujourdhui, 4 ans plus tard, je suis pleinement consciente de ce problème que j’ai dû au stress en grande partie, j’ai encore quelques fois des moments où je me surprends a serrer et immédiatement je corrige cela. globalement ce qui a changé réellement et qui a soulage grandement les douleurs que j’avais, voire les a fait disparaître c’est ma prise de conscience, relier mes douleurs à ce serrement de dents, savoir que je pouvais agir pour changer cela et que ce n’était pas un état normal.
    alors merci au Proffesseur HARTMMAN, pour ses conseils, ses explications, son enthousiasme, sa persévérance à me convaincre que j’avais la solution en moi.

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