Print Friendly, PDF & Email

Nous avons déjà expliqué que les conséquences du serrement de dents peuvent toucher des parties du corps éloignées de la sphère buccale : des crampes nocturnes dans les mollets (découverte personnelle) aux acouphènes, vertiges, fatigue chronique…

Je vous expose aujourd’hui un nouveau cas  dans lequel le bruxisme peut être impliqué : une forme clinique avérée de la maladie de Crohn.

Nota Bene : nous éliminons sciemment de notre propos la recto colite hémorragique ou colite ulcéreuse qui concerne uniquement la fin de l’intestin à l’encontre de la maladie de Crohn qui part de la bouche (avec souvent prolifération d’aphtes) et qui va jusqu’au colon.

Selon Wikipedia :

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique intestinale (MICI) qui peut atteindre tout le tube digestif et éventuellement la peau, les articulations et les yeux. De cause inconnue, cette maladie est caractérisée par une inflammation le plus souvent retrouvée au niveau de l’iléon et du côlon, qui serait d’origine multifactorielle, faisant intervenir entre autres une composante génétique et le microbiome.

Il s’agit d’une maladie chronique évoluant typiquement par poussées espacées par des phases dites de rémission, asymptomatiques. Les signes digestifs sont le plus souvent à type de diarrhée, de douleur abdominale ou de lésion proctologique. La prise de médicament en cas de maladie de Crohn est particulière, dû au fait de l’altération de la paroi intestinale. Le diagnostic nécessite une fibroscopie œsogastrique et une coloscopie avec réalisation de biopsies. La maladie de Crohn peut aussi être détectée grâce à une vidéo-capsule, celle-ci permettant de visualiser les intestins et plus particulièrement le grêle. Le traitement est surtout médical avec l’utilisation de dérivé aminosalycilé au cours des poussées et d’immunosuppresseur en entretien. Une intervention chirurgicale est parfois justifiée. L’arrêt d’un éventuel tabagisme est conseillé.

Pour la maladie de CROHN, d’origine inconnue, on emploie maintenant le terme de maladie AUTO-IMMUNE.

Je consulte le Petit Robert et je lis :

*  IMMUN : Se dit d’un sujet ou d’un organisme immunisé, d’une substance  immunisante.

*  IMMUNISER : Rendre réfractaire à un agent  pathogène à une maladie.

J’ai fait quant à moi fait mes humanités c’est à dire : français, latin, grec, cursus pendant lequel les enseignants s’efforçaient sans cesse de nous apprendre à ne pas s’abriter derrière  des mots.

AUTO en grec signifie : soi-même si l’ on s’abrite derrière le dictionnaire !

Maladie de CROHN = maladie auto-immune :  voudrait dire une maladie immunisée  par elle même de diarrhées  fréquentes à odeur pestilentielle avec hémorragies digestives, maladie rendue réfractaire à son agent pathogène. Ce qui est le contraire de la réalité!

De qui se moque-t-on ?  Jugez plutôt !

La littérature internationale décrit une co-morbidité entre les dysfonctionnements temporo-mandibulaires (en anglais T.M.D.) et le syndrome de l’intestin irritable (SII).

J’ai pu observer quand j’étais en activité dans le cadre de l’ASSISTANCE PUBLIQUE  de Marseille des centaines de cas de  SII, à l’occasion de dysfonctionnements temporo-mandibulaires traités et guéris par mon équipe. Je notais, la disparition de ce symptôme qui ne correspondait nullement à mon axe de recherche d’alors mais dont mes patients se trouvaient délivrés en même temps que de leur bruxisme.

Avant toute chose, qu’il me soit permis de rendre hommage à deux grands chercheurs français :

Noël MEI : ex Directeur du Laboratoire de Neurobiologie C.N.R.S. Marseille.

Noël MEI a ouvert la connaissance de l’innervation digestive. Avant 1962, globalement le monde scientifique estimait qu’il existait seulement une innervation motrice de l’intestin. Il m’a initié à la neurophysiologie; qu’il soit ici hautement remercié.

Grâce à sa technique de la micro-électrode extra-cellulaire, nous avons publié en anglais dès 1977 (41 ans déjà) que la dent possédait une double innervation tactile et algique.

Daniel MÉNETREY: ex Directeur du Laboratoire de Neurobiologie C.N.R.S. Paris.

Il a démontré que la sensibilité du nerf trijumeau (donc des dents) était susceptible d’envoyer des informations dans deux centres nerveux spécifiques : le Noyau du Tractus Solitaire et le noyau para-trigéminal. Il ajoutait : ces résultats incitent à penser qu’il existe: un substrat possible pour une activation réflexe somato-viscérale et viscéro-viscérale.

La qualité de leurs travaux et de leurs publications m’a permis d’orienter ma propre recherche.

C’est par le biais de l’innervation tactile des dents anormalement sollicitée par la : « Crispation des mâchoires dents serrées » intense et/ou trop prolongée  = Bruxisme (serrement/grincement) que surviennent des douleurs référées dans les bras, la nuque, le dos, les crampes nocturnes dans les mollets, etc… accompagnées de troubles associés invalidants pour les patients et déconcertants pour les praticiens : vertiges, acouphènes (bourdonnements) prurit du conduit auditif externe…

Ces cas ont été traités avec succès par le biais de la technique Hartmann-Cucchi (décrite en détail dans ce site lien) Sans les données issues de la recherche fondamentale, un tel résultat clinique eût été impossible. Je rappelle la phrase :

Rappel : La maladie de Crohn peut affecter le tractus digestif, n’importe où depuis la bouche jusqu’à l’anus, tandis que la colite ulcéreuse affecte seulement le gros intestin (ou le colon).

Une forme clinique d’association bruxisme – maladie de CROHN a pu être identifiée  fortuitement. Le 12 novembre 2012, je donne un cours à des étudiants de dernière année, sur les dysfonctionnements des articulations des mâchoires.

Une jeune fille d’une vingtaine d’année se présente à la fin de mon cours et me dit :

– Je dois reconnaître avoir personnellement la majorité des symptômes que vous venez de me décrire. Je ne cesse de crisper mes mâchoires dents serrées du matin au soir : le matin je suis fatiguée, je souffre de migraines avec nausées et vomissements deux à trois fois par semaine.

-Vous nous avez parlé d’intestin irritable ; j’ai une maladie de CROHN, avec diarrhées continuelles, hémorragies digestives avec odeur des selles pestilentielles.

-Mademoiselle, ai-je répondu, je peux confirmer que les dysfonctions-temporo mandibulaires sont responsables de migraines avec nausées et vomissements,  d’état d’intestin irritable, de syndrome de fatigue chronique, voire de pseudo-fibromyalgies.

Mais pour la maladie de  CROHN, ceci dépasse mes compétences, je ne me permettrai pas le moindre avis. Consultez votre gastroentérologue.

Ecoutez me dit-elle, je ne supporte plus ces migraines avec nausées et vomissements  ces diarrhées  fréquentes et sanglantes avec odeurs épouvantables.

Je vais m’investir à 200% sur les conseils thérapeutiques que vous nous avez prodigués aujourd’hui, on verra bien… j’aurais au moins su me guérir de mes migraines.

Soit, ai-je répondu, je fais encore cours aux étudiants de 6ème année dans 8 jours, le mardi  20 novembre toute la journée, j’aimerai bien avoir les nouvelles d’une malade motivée comme vous.

Le mardi 20 : avec une pensée obsessionnelle, me dit-elle j’ai pincé mes lèvres comme vous me l’avez appris  pour ne plus serrer les dents.

Et voici ce que j’ai observé et noté jour après jour sur un journal : fatigue au réveil a considérablement diminué, j’avais une douleur pelvienne constante (comme si j’avais mal aux ovaires), elle persiste un peu mais a fortement diminuée. Mes migraines avec nausées et vomissements ont cessé !

Je n’en reviens pas moi même: je n’ai plus d’hémorragie digestive l’odeur pestilentielle de mes selles a disparu, mes selles commencent à devenir moulées.

Pour la migraine, la fatigue rien d’étonnant. Par contre, jugez de mon étonnement  pour le CROHN, quoique après une longue recherche et réflexion, en me fondant sur les travaux de MEI et MENETREY et les miens je peux en expliquer le mécanisme

Il est certes trop tôt  bien sûr pour se prononcer définitivement.
Ce qui est probable : cette malade est condamnée à vie à ne plus mettre ses dents en contact permanent, sinon la maladie de CROHN  se réinstallera avec autant d’acuité sinon plus, si jamais elle rechutait.

Alors qu’en France de nos jours, il n’y a que trop peu de patients (et de praticiens) qui mettent en relation leur maladie de Crohn et leurs problèmes de mâchoire et de dents, les anglo-saxons ne cessent sur leur forums d’en faire la relation.

Voici quelques extraits traduits à votre intention, certains remontent déjà à plus de 10 ans ! :

Traduction :

miguelblanco
J’ai eu un mal de chien la semaine dernière ou les deux avec une rigidité dans ma mâchoire. C’est arrivé soudainement, donc je pense que c’est juste l’inflammation du Crohn. J’ai des difficultés à manger parce que je ne peux pas ouvrir ma bouche très largement. Ça ressemble à une ATM mais je n’ai jamais eu de questions avec ma mâchoire. Chaque fois que quelque chose comme ceci arrive, au moment où je peux entrer pour voir un docteur/dentiste, le problème est parti.

LBJ
Oui, j’ai un problème de mâchoire très spécialement lorsque mon Crohn s’est enflammé. Ça va clicker parfois lourdement lorsque j’ouvre ma bouche.

indigosunrise
J’ai un problème d’ATM et ma mâchoire parfois clickera, parfois non. Ce serait très intéressant de savoir si ça pourrait être lié au Crohn. C’est de l’inflammation, ainsi pas de surprise.
Je vois mon GI la semaine prochaine. je pourrais juste lui demander si l’ articulation de la mâchore(ATM) peut être en relation avec un Crohn.

Voici d’autres extraits (non traduits) :

En conclusion :

Il est traité dans cet article une forme clinique particulière de cause dentaire concernant la maladie de Crohn, calamité pour ceux qui en souffrent.

Nous soulignons expressément:

Cet article ne concerne que celles et ceux qui présentent, un bruxisme, un S.A.D.A.M un D.A.M et plus globalement un dysfonctionnement temporo-mandibulaire.

Il nous apparait comme très important de préciser  que parmi toutes les douleurs  et troubles référés en provenance de l’appareil manducateur (stomato-gnathique),  listés dans ce site à ce jour : la  maladie de Crohn  peut trouver sa place et intéresser les  bruxomanies.

Encore une fois nous attirons l’attention des praticiens de l’importance lors de l’anamnèse, de la recherche méticuleuse de toute forme de bruxisme, quelle qu’elle soit.

Lexique
ATM : Articulation Temporo Mandibulaire

Bibliographie : Spinal and trigeminal projections to the nucleus of the solitary tract: a possible substrate for somatovisceral and viscerovisceral reflex activation. Menetrey D., Basbaum A.J. (1987) J. Comp Neurol 255 : 439-50

Print Friendly, PDF & Email

Spinal and trigeminal projections to the nucleus of the solitary tract: a possible substrate for somatovisceral and viscerovisceral reflex activation. Menetrey D., Basbaum A.J. (1987) J. Comp Neurol 255 : 439-50

Traduction (Prof. Hartmann) :

Projections spinales et trigéminales sur le noyau du tractus solitaire : un possible substrat pour l’activation de réflexes somatoviscéral et viscéroviscéral.

Ces articles permettent de comprendre qu’une information trigéminale excessive (en provenance des dents) soit susceptible de dérégler un viscère comme le coeur, placé sous l’obédience du noyau du tractus solitaire, lequel agit sur le nerf vague et puisse dérégler, par réflexe somatoviscéral, les fonctions naturelles cardiomodératrices du nerf vague.

Conclusion (Prof. Hartmann ) :

• Un serrement excessif et continuel des dents est susceptible d’engendrer chez un individu stressé une tachycardie.

• Preuve expérimentale, la suppression de la crispation des mâchoires dents serrées ramène, dans ce cas précis, la fréquence cardiaque à un rythme normal.

• Contre épreuve, la reprise du serrement excessif est susceptible de reproduire cette accélération du rythme cardiaque.

• Une pression sur la cornée détermine une bradycardie, réflexe oculo-cardiaque bien connu des médecins. La cornée est innervée par le V1, nerf ophtalmique de Willis.

• Une pression trop intense et / ou trop soutenue entre les dents détermine, chez le sujet stressé, une tachycardie, par réflexe dento-cardiaque

610 total views, 6 views today

609 total views, 5 views today

7 Comments

  1. Kader 51 ans Marseille

    professeur Hartmann

    suite à notre conversatuion et comme convnu je vous envoie mon témoignane

    cela fait de nombreuses années que je bruxe ..peut être depuis mon adoloescence;

    toujours est il que maintenat 10 bonnes annnées que les ympotmes s’aggravent:

    – acouphènes,
    -pseudo sinusite nez
    – mâchoire droite douloureuse et qui craque
    – picotements sur le visage en particulier les joues
    -douleurs sterno et cervicalgies
    – douleurs aux épaules et omoplates (trapèzes)
    – dorsalgie à droite
    _ inflammation de l’intestin et ballonnement
    – genoux qui craquent
    -rupture totale du tendon d’Achille drioit

    1. Bonjour Kader
      Certes, je vous ferais parvenir, en temps utile, l’adresse d’ un praticien formé à la technique Hartmann-Cucchi . Pour l’ heure, il importe que vous appliquiez, A LA LETTRE, la technique Hartmann-Bratzlavzki, décrite en détail dans ce site. Elle est destinée à induire vous même un arrêt de votre bruxisme, voire une importante diminution. Appliquez minutieusement TOUTES les recommandations prescrites . Elles sont indissociables pour entretenir une auto-guérison de votre bruxisme .
      Rappelez moi , ici même dans 15 jours.
      Bien à vous

      1. Bonjour ,

        je l’applique cette technique ..mais les douleurs sont fortes et je souhaiterais si c’est possible d’être pris en charge assez rapidement.

        bien cordialement.

        Kader

  2. Merci

    mais j’aurais voulu assez rapidement démarrer un traitement avec un praticien formé à cette technique Hartmann-Cucchi

    je n’en peux plus de ces douleurs …par ailleurs le pincement je le pratique depuis 3 emaines maintenant;

    Bien à vous

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.