Print Friendly, PDF & Email

De nombreuses personnes, internautes compris, nous interrogent très souvent sur la manière de pincer les lèvres pour arrêter le serrement de dents.

Ce geste recommandé dans un but thérapeutique n’est en aucun cas  un « truc » mais en fait la mise en jeu d’un réflexe neurophysiologique humain d’une redoutable efficacité s’il est convenablement exécuté.

Rappel : Les lèvres sont innervées par le nerf facial (VII) et les muscles de la mâchoire par le nerf trijumeau (V). Autrement dit, pincer les lèvres stimule le nerf facial et ce denier interdit alors, par un mécanisme neurophysiologique rigoureux, précis et constant, au nerf trijumeau moteur (V) son activité normale. Le nerf facial des lèvres ne permet plus aux muscles de la mandibule de fermer celle-ci et par conséquent de serrer les dents.

Notez bien que la lutte contre le serrement de dents par pincement des lèvres n’est une partie de la technique Hartmann-Bratzlavski :

  • Serrement des lèvres
  • Gommettes colorées
  • Cérémonial de la prise de sommeil

L’ensemble de ces recommandations est indissociable sous peine d’échec.

Pour plus d’informations voir l’article complet sur ce site.

Essayons d’être le plus simple possible : l’expérience nous a appris que le simple contact inter-labial sur toute sa surface était suffisant et que la pression exercée appartient à chacun pour avoir la meilleure efficacité.

Mais à vous lire dans le blog, la question de la « bonne » pression du pincement revient sans cesse.

Nous vous proposons donc, un « truc » simple et efficace que les femmes comprendront particulièrement.

Il suffit de se mettre à la place de la couturière lorsqu’elle doit faire passer un fil de coton à travers le chas d’une aiguille : elle coupe le fil et pour l’affiner et le rigidifier, elle place l’extrémité du fil coupé entre ses lèvres, l’humecte un peu avec la langue et elle applique une pression des lèvres, instinctive qui fonctionne presque toujours à lisser les fibres du fil pour, en le retirant, en faire une pointe suffisamment rigide pour passer par le chas de l’aiguille. C’est exactement « LA » pression utile à appliquer sur l’ensemble de vos lèvres pour interdire le contact dentaire.

Vous pouvez même dans un premier temps, pour vous entrainer, mettre un vrai morceau de fil entre vos lèvres et le garder quelques instants : il ne doit pas bouger et lorsque vous l’enlèverez il devra être prêt à entrer aisément dans le chas d’une aiguille à coudre. A partir du moment où vous « coincez » le fil entre vos lèvres, vous constaterez qu’il vous est impossible de serrer les dents. Cette méthode est bien entendu très facile à mettre en œuvre par les femmes. Les hommes quant à eux sont bien moins touchés par cette forme de bruxisme, rappel de la proportion : Femmes 80 à 90% – Hommes 20 à 10%, mais en cas de besoin ils peuvent bien entendu l’appliquer.

La bibliographie internationale, reconnait le rôle des oestrogènes comme sensibilisateur de l’action néfaste du nerf trijumeau (nerf de la sensibilité tactile des dents).

Il existe une autre méthode que vous pouvez appliquer exceptionnellement là où le pincement des lèvres n’est pas possible ou souhaitable à cause de l’aspect inesthétique qu’il peut provoquer : l’interposition momentanée de la pointe de la langue entre les incisives. Attention, ne mordillez pas délicatement le bout de votre langue, ni ne poussez avec celle-ci sur vos incisives : posez simplement la langue sans force ni effort  sur vos incisives du bas.

Attention

Si, par mégarde, vous poussez avec votre langue sur la face intérieure de vos dents ceci équivaudrait malheureusement pour votre organisme, à un serrement de dents !

Cette technique est donc à utiliser exceptionnellement.

Rappel : Pincez vos lèvres le plus souvent possible. Si à chaque fois que vous pensez à serrer les lèvres, vous vous apercevez que vous n’aviez pas les dents en contact, c’est que vous êtes sur le bonne voie !

Il ne suffit pas d’avoir lu ces quelques lignes pour que cette technique fonctionne il importe impérativement de la mettre en pratique avec rigueur et opiniâtreté.

Bibliographie
et ouvrez pour avoir l’extrait original et/ou la traduction

M Bratzlavsky Pauses in activity of human jaw closing muscle Experimental Neurology 36(1):160-5 · August 1972 DOI: 10.1016/0014-4886(72)90143-4 · Source: PubMed

Print Friendly, PDF & Email

A bilateral reflex inhibition of the jaw closing muscles is described in man upon mechanical or electrical stimulation of the perioral skin.
Besides a late nociceptive component, it contains a short latency component with lower threshold which is probably of tactile origin.
Both inhibitory reflex components were elicitable upon stimulation of the entire intraoral mucosa.

The silent period in jaw closing muscles upon masseter muscle stimulation was homolateral; the heterolateral jaw closing muscle inhibition,reported by some authors, resulted from spread of stimulus to facial and intraoral cutaneous fibers evoking the bilateral reflex inhibition.

On the basis of findings in patients with a unilateral retrogasserian neurotomy, the conclusion is reached that the silent period in jaw closing muscles can be explained on the sole basis of the pause in the spindle afferent discharge, and that Golgi tendon organs are not necessarily involved in its development.
Pauses in activity of human jaw closing muscle. Available from:Â https://www.researchgate.net/publication/18903487_Pauses_in_activity_of_human_jaw_closing_muscle[accessed Aug 22 2018].

TRADUCTION :
On a décrit un réflexe d’inhibition bilatéral des muscles de fermeture de la mâchoire par le biais d’une stimulation mécanique ou électrique de la peau autour de la bouche. En plus d’un composant nociceptif tardif, il contient un composant à latence courte avec un seuil plus bas qui est probablement d’origine tactile. Ces deux composants des réflexes inhibiteurs sont provoqués par une stimulation de la zone entière de la muqueuse intra-buccale. La période de silence dans la fermeture des muscles de la mâchoire causée par une stimulation du muscle masséter, était homo-latérale ; l’inhibition du muscle de fermeture de la mâchoire était hétéro-latérale, selon certains auteurs, le réflexe bilatéral d’inhibition évoqué résulterait d’une importante diffusion du stimulus au niveau facial et cutané via des fibres cutanées intra-orales. Sur la base de données chez des patients avec une neurologie unilatérale rétro-gassérienne on en arrive à conclure que la période de silence des muscles de fermeture de la mâchoire peut être expliquée par la pause de décharge dans le faisceau afférent et que les organes qui sont dans le tendon de Golgi ne sont pas nécessairement impliqués dans son développement.

1,793 total views, 5 views today

Traduction Pr Francis Hartmann

M. Bratzlavski Reflexes with intraoral afferents in human lip musculature Experimental Neurology Volume 37, Issue 1, October 1972, Pages 179-187

Print Friendly, PDF & Email

The effect of intraoral stimuli on the lip musculature was studied in healthy subjects and in patients with an unilateral retrogasserian neurotomy. A brisk tap of the tongue surface, predominantly near its tip, evoked in the m. orbicularis oris an uncrossed reflex response with a latency of 11–15 msec. It was not affected by anesthesia of the tongue surface but abolished after lingual nerve anesthesia. It was concluded that deep submucosal mechanoreceptors of the tongue are responsible for this reflex. During voluntary activation of the m. orbicularis oris, a powerful facilitation of this reflex was noticed, which seemed not attributable to the cortical depolarization of the corresponding motoneurons.
It was postulated therefore that the cortical inputs excite interneurons of the reflex path.
Lingual nerve anesthesia failed to produce a substantial alternation of the pattern of activation of the m. orbicularis oris during chewing. Besides this early reflex response, a crossed reflex, with a variable latency of between 28 and 80 msec, was elicitable in the m. orbicularis oris upon nociceptive stimulation of the intraoral mucosa especially in areas exposed to external noxious stimuli.

1,794 total views, 6 views today

1,792 total views, 4 views today

3 Comments

  1. bonjour professeur et merci pour cet excellent article qui donne vraiment le bon exemple pour comprendre votre technique et c’est vrai que si on suit vos indications tout devient évident. Merci pour tout votre travail et votre philanthropie.

  2. Bonjour Dr,

    Je souffre depuis de nombreuses années de bruxisme et de clenching sévère en journée, accompagnés d’un tic d’aspiration-succion de mes lèvres et de ma langue (qui sont toutes déformées mtn…), et l’état de mes dents est catastrophique…
    Cet état a empiré je crois avec l’arrêt du tabac il y a trois ans…
    Cela fait 3/4 jours que j’ai commencé votre protocole (gommettes, pincement des lèvres) mais mon état est bizarre : sensation de manque d’air, nervosité, mal aux tempes et sorte de migraine ophtalmique, salivation excessive…
    Pensez-vous que cet état soit normal car je change mes habitudes ? cela va t-il diminuer petit à petit ?
    Je vous remercie vivement pour votre retour

    1. Bonjour Dorothée,
      Pour pouvoir vous conseiller utilement , il est indispensable que je connaisse exactement l’état de vos symptômes douloureux et d’autres manifestations AVANT la mise en ouvre de ma technique . Très important . J’ai bien dit AVANT.
      bien à vous

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer