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Nous parlons des conséquences du bruxisme sur l’organisme, mais nous n’avons pas encore traité de l’origine de celui-ci et la documentation disponible à l’heure actuelle sur internet manque de précision.
Comment un bruxisme apparait-il ? comment passe-t’il inaperçu, voire même, comment est-il toléré et magnifié par certaines personnes qui en ignorent les conséquences désastreuses ?

Commençons par définir ce qu’est le bruxisme :

Selon Wikipedia :

Le bruxisme (du grec brugmos βρυγμος « grincement des dents »1) est une parafonction manducatrice (mouvement inconscient sans but précis concernant l’appareil manducateur) soit par serrement soit par mouvements latéraux, nommé alors grincement de dents. Cette parafonction (…) peut se manifester chez le bruxomane pendant la journée mais plus souvent durant le sommeil, il est alors généralement inconscient et ne se réveille pas.
(…)

Il n’y a pas de cause clairement définie du bruxisme, mais il existe des cas bien précis qui induisent un bruxisme : cause psychologique, cause traumatique, cause structurelle (assez rare), cause culturelle et parfois plusieurs ensembles…

LES FORMES DE BRUXISME :

Il existe plusieurs formes de bruxisme clairement identifiables :
•Le Serrement de dents (probabilité : très élevée)
•Le Grincement + Serrement (probabilité : élevé)
•Le Simple contact inter-dentaire jour et nuit (probabilité : rare)
•Le Tapotement continuel des dents (probabilité : rare)
•Le Frottement continuel des dents (probabilité : très rare)
En règle générale, les hommes grincent, les femmes serrent mais il est bien entendu possible de trouver un cas où les deux se mélangent et/ou s’inversent.

LE STRESS ET LA FRUSTRATION :

La bibliographie internationale, à la quasi-unanimité, s’accorde à reconnaître que la frustration est la cause essentielle du déclenchement et de l’entretien de n’importe quelle forme de bruxisme. Qu’il s’agisse de grincement (les hommes en majorité) de serrement (les femmes majoritairement), de tapotement permanent des dents entre elles, de la mise en contact permanente de celles-ci (travaux des japonais). Cette frustration, en général, concerne des événements graves et atteint préférentiellement les femmes qui serrent les dents
* Décès d’un être cher
* Divorce, rupture sentimentale
* Perte d’emploi
* Frigidité

Il semblerait, dans ce cas que le bruxisme nocturne soit le plus fréquent et de toute façon le plus délétère.

Pourquoi les femmes ? La bibliographie internationale, encore, reconnait le rôle des hormones féminines (les oestrogènes) comme sensibilisateur de l’action néfaste du nerf trijumeau (nerf de la sensibilité tactile des dents). Pour faire simple on pourrait , en résumé écrire: Frustration + Oestrogènes + nerf trijumeau = cause de bruxisme.

LE COUP DU LAPIN ou CHUTE/CHOC SUR LE MENTON :

Seules causes traumatiques connues, le Coup du Lapin (Whiplash en anglais) et la chute ou choc violent sur le menton sont évoquées.
C’est probablement une cause établie de bruxisme réflexe. Suite à un accident d’automobile, préférentiellement une percussion d’un véhicule par l’arrière, le ou la conductrice déclenche, à son insu, un bruxisme par réflexe = type serrement de dents accompagné ou non d’une ou deux luxations discales réductibles ou non réductibles, de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM). La victime se met à serrer les dents de manière intense et/ou continuelle. Le déclenchement de ce bruxisme réflexe est extrêmement variable selon les individus. Si le traumatisme atteint une certaine gravité, le bruxisme réflexe est hélas quasiment toujours présent.
Dans ce cas de bruxisme traumatique, il est indifféremment diurne et nocturne.

UNE ABSENCE D’ESPACE LIBRE ENTRE LES DENTS

Un espace constant entre les dents est une nécessité absolue pour un individu en bonne santé.
Il existe une cause rarissime de bruxisme, une cause structurelle. Il s’agit d’une particularité morphologique appartenant au domaine de l’orhodontie : celle de la béance incisive (open bite des anglo-saxons) accompagné le plus souvent d’une déglutition infantile (déglutition où la pointe de la langue est interposée systématiquement entre les incisives). Ce type de déglutition disparaît normalement avant l’adolescence ; s’il persiste, la pression de la langue exercée sur les incisives correspond à un serrement de dent. La béance incisive, de manière exceptionnelle, peut être accompagnée d’une absence d’espace libre (free way) au niveau des pré-molaires molaires (voir les entretiens vidéo : un cas exceptionnel). Cet absence d’espace libre est en lui même un bruxisme puisque les dents sont toujours en contact (publications scientifiques japonaises) et que l’espace entre les dents est une nécessité absolue. Le bruxisme induit est indifféremment diurne et nocturne.

STRESS COMPORTEMENTAL TRAVAIL MINUTIEUX

Certains métiers nécessitent une concentration et une minutie qui favorise une attitude de bruxisme. Un bijoutier, un horloger, un électronicien… toutes ces activités très minutieuses peuvent induire un bruxisme par habitude de serrement de dents. Toutes les formes de bruxisme peuvent être impliquées (cf liste écrite plus haut). C’est de toutes les causes connues de bruxisme celle qui est la plus susceptible d’être identifiée spontanément par un patient. Le bruxisme induit commence par être diurne mais a de fortes chances de devenir aussi nocturne.

DÉSÉQUILIBRE DE L’OCCLUSION

Depuis peu, il a été reconnu par la recherche fondamentale japonaise que les troubles minimes de l’occlusion entre les arcades dentaires étaient à l’origine de la production des deux hormones du stress qui sont la nor-adrénaline et la cortisone plasmatique de l’hypotalamus. Expérimentation réalisées sur le rat, sachant que le mécanisme de l’information sensoriel est rigoureusement comparable chez tous les mammifères. Voir à ce sujet les travaux du Professeur Hubel, Professeur de neurophysiologie, Harvard University, Prix Nobel de Médecine). Ce déséquilibre occlusal provoque chez l’homme une tendance à écraser quasi-systématiquement cette sur-élévation de façon consciente et inconscients tant le cerveau ne supporte pas un quelconque déséquilibre à ce niveau.

ARCHETYPE

Nous vivons hélas en France dominés un archétype ancestral : en cas de difficulté, mon fils, ma fille, serre les dents !
Cet archétype a pour effet désastreux de glorifier le serrement de dents. De nombreuses personnes ont malheureusement créé de toute pièce leur bruxisme en suivant ce mauvais conseil. Ce type de bruxisme débouche invariablement sur la création d’un bruxisme bien plus grave, celui du stress cité plus haut et la spirale est malheureusement lancée…

En Conclusion

Si les conséquences du bruxisme, grâce à nos recherches fondamentales et cliniques, sont désormais mieux appréciées, il nous paraissait important de rappeler les causes à ce jour connues, du bruxisme, quelle que soit sa modalité d’expression.

Bibliographie
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Puri J, Bellinger LL, Kramer PR.( 2011) L’oestrogène chez des rattes cycliques altère l’expression d’un gène dans l’articulation temporo-mandibulaire, le ganglion trigéminal, le noyau sous-caudal du trijumeau / jonction moelle cervicale supérieure J Cell Physiol. 2011 226(12):3169-80

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Les femmes signalent plus de douleur de l’articulation temporo mandibulaire (A.T.M.)que les hommes et des études suggèrent que les oestrogènes modulent la réponse douloureuse. Notre but était de déterminer quels gènes modulés par des niveaux physiologiques du 17 béta oestradiol qui pourraient avoir un rôle dans la douleur de l’A.T.M. Pour compléter cet objectif on a injecté dans leur A.T.M., un adjuvant complet de Freund complet ou salé quand le niveau du 17 béta estradiol était bas ou quand le niveau de pro-oestrus était élevé. On a isolé l’ATM, le ganglion trigéminal, la jonction sous-noyau caudal du trijumeau–moelle cervicale supérieure (V – C1*C2) chez des rattes traitées et on a quantifié l’expression de 184 gènes en se servant du PCR en temps réel . On a observé des changements significatifs dans la quantité de transcriptions spécifiques dans les tissus de l’ATM, du ganglion trigéminal et dans la région (V- C1*C2) en comparaison avec des rattes à haut et bas % d’œstrogène (…) Ces résultats démontrent que des gènes associés avec une inflammation ou une excitabilité neuronale sont altérés par des changements de la concentration du17 β – oestradiol.

Puri J, Bellinger LL, Kramer PR.
Estrogen in cycling rats alters gene expression in the temporomandibular joint, trigeminal ganglia and trigeminal subnucleus caudalis/upper cervical cord junction. J Cell Physiol. 2011 226(12):3169-80.
Source : Department of Biomedical Sciences, Texas A&M Health Science Center, Baylor College of Dentistry, Dallas, Texas.
Abstract
Females report temporomandibular joint (TMJ) pain more than men and studies suggest estrogen modulates this pain response. Our goal in this study was to determine genes that are modulated by physiological levels of 17β-estradiol that could have a role in TMJ pain. complete this goal, saline or complete Freund’s adjuvant was injected in the TMJ when plasma 17β-estradiol was low or when it was at a high proestrus level. TMJ, trigeminal ganglion, and trigeminal subnucleus caudalis/upper cervical cord junction (Vc/C(1-2) ) tissues were isolated from the treated rats and expression of 184 genes was quantitated in each tissue using real-time PCR. Significant changes in the amount of specific transcripts were observed in the TMJ tissues, trigeminal ganglia, and Vc/C(1-2) region when comparing rats with high and low estrogen. GABA A receptor subunit α6 (Gabra6) and the glycine receptor α2 (Glra2) were two genes of interest because of their direct function in neuronal activity and a >29-fold increase in the trigeminal ganglia was observed in proestrus rats with TMJ inflammation. Immunohistochemical studies showed that Gabrα6 and Glrα2 neuronal and not glial expression increased when comparing rats with high and low estrogen. Estrogen receptors α and β are present in neurons of the trigeminal ganglia, whereby 17β-estradiol can alter expression of Gabrα6 and Glrα2. Also, estrogen receptor α (ERα) but not ERβ was observed in satellite glial cells of the trigeminal ganglia. These results demonstrate that genes associated with neurogenic inflammation or neuronal excitability were altered by changes in the concentration of 17β-estradiol. J. Cell. Physiol. 226: 3169-3180, 2011. © Wiley-Liss,

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Flake NM, Bonebreak DB, Gold MS. Œstrogène et l’inflammation augmente l’excitabilité des neurones afférents de l’articulation temporo-mandibulaire du rat. J.Neurophysiol.( 2005 )93(3):1585-97

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Flake NM, Bonebreak DB, Gold MS. Estrogen and inflammation increase the excitability of rat temporomandibular joint afferent neurons. J.Neurophysiol. ( 2005 )93(3):1585-97 .

Several painful conditions, including temporomandibular disorders (TMD), are more prevalent and more severe in women than in men.
De nombreuses conditions douloureuses incluant le dysfonctionnement temporo-mandibulaire sont plus prédominantes et plus sévères chez les femmes que chez mes hommes
Although the physiological basis for this sex difference remains to be determined, it is likely that estrogen is an underlying factor. The present study was performed to test the hypotheses that estrogen increases the excitability of rat temporomandibular joint (TMJ) afferents and exacerbates the inflammation-induced sensitization of these sensory neurons. Retrogradely labeled TMJ neurons from ovariectomized rats and ovariectomized rats receiving chronic estrogen replacement were studied using whole cell patch-clamp techniques three days after injecting the TMJ with either saline or Complete Freund’s Adjuvant to induce inflammation. Excitability was assessed with depolarizing current injection to determine action potential threshold, rheobase, and the response to suprathreshold stimuli. Spontaneous activity was also assessed. Both inflammation and estrogen increased the excitability of TMJ neurons as reflected by decreases in action potential threshold and rheobase and increases in the incidence of spontaneous activity. The effects were additive with neurons from rats receiving both estrogen and inflammation being the most excitable. The increases in excitability were associated with changes in passive properties and action potential waveform, suggesting that estrogen and inflammation affect the expression and/or properties of ion channels in TMJ neurons. Importantly, the influence of estrogen on both baseline and inflammation-induced changes in TMJ neuronal excitability may help explain the profound sex difference observed in TMD as well as suggest a novel target for the treatment of this pain condition.
Ces données expliquent également le lien étroit entre les afférences tactiles dentaires et leur projection au niveau de l’hypothalamus …….
pril 9, 2009 – Hormone Levels
The effects of cycling levels of 17-estradiol and progesterone on the magnitude of temporomandibular joint (TMJ)-induced nociception. Hormone levels in female rats can affect the perception of pain in the temporomandibular joint (TMJ), providing a possible explanation for the higher incidence of TMJ pain in females, according to a study published online April 9 in Endocrinology.

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Traductions Pr Francis Hartmann

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