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Quand j’étais en activité, dans les années 60, je remarque dans la bouche d’un patient, un enfant de 10 ans, une dent définitive en mauvaise position sur l’arcade dentaire inférieure, appelée « articulé croisé » dans le vocabulaire professionnel (en anglais cross-bite). Aucun dentiste ne doit hésiter sur le type de traitement à donner pour pareil cas.

Je propose donc aux parents un traitement orthodontique extrêmement simple et peu onéreux : un simple « plan d’épaisseur » interposé entre les dents du côté « malade ». Porté quelque temps il aurait permis de remettre la dent en place.

Les parents acceptent mais l’enfant lui, refuse.

Entre temps je traite à mon cabinet avec succès « ces sauts d’articulés » sur de nombreux autres enfants.

Quelque années après, la mère de l’enfant (celui qui avait refusé mon traitement) m’informe que ce dernier présente une scoliose idiopathique de la colonne vertébrale. Cette nouvelle n’intéressant pas ma spécialité, elle ne m’interpelle pas.

Lexique
Arcade dentaire inférieure : mâchoire du bas

En 2006, une publication scientifique de haut niveau réalisée par des chirurgiens-dentistes israéliens retient, ô combien mon attention !

Jugez plutôt : Après une étude statistique indiscutable sur des enfants choisis au hasard, l’étude révèle que : ceux qui ont des dents bien alignées ont tous une colonne vertébrale droite ceux qui ont des « articulés croisés » ont une colonne vertébrale tordue.

Ben-Bassat Y, Yitschaky M, Kaplan L, Brin I. Modèles occlusaux chez des patients avec une scoliose idiopathique Am J Orthod Dentofacial Orthop. 2006 Nov;130(5):629-33.

Méthode :
705 enfants choisis au hasard ont servi de contrôle Modèles « o »

INTRODUCTION:
la scoliose idiopathique est un état orthopédique caractérisé par une posture défectueuse. Le but de cette étude était d’examiner cliniquement les occlusions des patients atteints de scoliose idiopathique.

CONCLUSIONS:
Les patients avec scoliose idiopathique ont des critères asymétriques de mal occlusion comparés à une population témoin (aléatoire)

Comment peut-on scientifiquement expliquer le retentissement d’une mal-position dentaire sur un développement pathologique de la colonne vertébrale d’un enfant ?
Comment expliquer qu’une occlusion normale puisse agir aussi favorablement ?
L’équipe avec laquelle j’ai travaillé au C.N.R.S a prouvé sur le chat la projection au niveau du cerveau des informations dentaires tactiles et le mécanisme de l’information sensorielle est rigoureusement comparable chez tous les mammifères.

Seule la neurophysiologie permet, à l’heure actuelle, d’établir une hypothèse, corroborée toutefois par des expérimentations statistiques de confères chirurgiens-dentistes.

L’hypothèse est la suivante : le cerveau EXIGE une information périphérique correcte et un alignement normal des dents représente le tuteur idéal pour permettre une heureuse évolution de la colonne vertébrale.

Illustration du "crossbite" chez un patient de 18 ans

Bibliographie
…et ouvrez la référence bibliographique pour accéder à l’article original

Am J Orthod Dentofacial Orthop. 2006 Nov;130(5):629-33. Occlusal patterns in patients with idiopathic scoliosis. Ben-Bassat Y, Yitschaky M, Kaplan L, Brin I.

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Source
Department of Orthodontics, Hebrew University-Hadassah School of Dental Medicine, Jerusalem, Israel. yocheved@md.huji.ac.il
Abstract
INTRODUCTION:
Idiopathic scoliosis is an orthopedic condition characterized by faulty posture. It might also be associated with some mild forms of facial asymmetry or dental deviations. The aim of the study was to clinically examine the occlusions of patients with idiopathic scoliosis.
METHODS:
Ninety-six consecutive orthopedic patients with idiopathic scoliosis were examined. The orthopedic data of this group were recorded from their hospital files. The occlusal features of a random group of 705 Ashkenazi children served as the control. Frequency distributions were compared with the chi-square test.
RESULTS:
The distribution of the Angle classes of malocclusion was significantly different in the 2 groups (P = .0001) because of many Class II subdivision patients in the orthopedic group. Other evidence of asymmetrical malocclusion was found in upper (P =.002) and lower midline deviations (P =.0001), and a higher frequency of anterior (P = .024) and posterior (P =.020) crossbites. In the experimental group, no association was found between site, side, or severity of scoliosis and the appearance or site of the malocclusion features examined.

CONCLUSIONS:Patients with idiopathic scoliosis have asymmetric features of malocclusion compared with a random population

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Conseil aux parents :

Dès que vous vous apercevez qu’une dent de votre enfant présente une position inversée (quelque soit la ou les dents) consultez un orthodontiste pour un traitement précoce. Certes la scoliose ne survient pas du jour au lendemain mais il faut prévenir avant le début de son installation. Nous parlons bien ici strictement que de la scoliose idiopathique (dite de cause inconnue)

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5 Comments

    1. Bonjour Laura, Je suis touché par votre message. Sachez qu’il est de votre devoir de diffuser ce blog auprès de vos amies.
      Je suis consterné, à l’écoute des appels téléphoniques ou des messages que je reçois, provenant de toute la France et de l’étranger, de constater qu’au XXI ème siècle le serrement de dents (ou bruxisme centré) produit autant d’effets délétères sur la santé des femmes et que ces dernières ne trouvent pas de soins appropriés à leur état dans leur quête thérapeutique. Sachez que les dernières publications provenant des U.S.A démontrent que la dépression est souvent consécutive à cet état de fait. Il importe que cela se sache.

  1. Bonsoir, je suis aussi très impressionnee par la richesse de votre site. On ne m’a jamais vraiment mise au courant de 90% des informations que vous nous donnez. pourtant je suis professionnelle de santé. Je trouve cela aberrant. Mercien tout cas

    1. Bonjour Camille,
      La réponse est simple. Elle mérite simplement d’être soulignée. Depuis 1978, soit 40 ans, une directive européenne d’application directe, a donné aux chirurgiens dentistes la même capacité professionnelle que les médecins stomatologistes . La conséquence : il n’y a plus de stomatologistes formés . Les internes en médecine s’occupent exclusivement de la chirurgie maxillo-faciale. Qui donc a la responsabilité de la recherche dentaire : les professeurs et maître s de conférence chirurgiens-dentistes ou retraités comme votre serviteur. Comme l’enseignement de l’organe dentaire est quasi inexistant en faculté de médecine, Ah, pardon, en 4ème année, je crois ils ont une heure de cours sur les méfaits d’une infection dentaire sur le coeur. IL conviendrait de m’informer si j’ai fait une omission !Bref, grosso modo, pour 95% des médecins on en est resté à la définition qu’avait donnée Ambroise PARÉ, il y a 6 siècles :
      La Dent : la plus atroce des douleurs sans mort.
      Pour devenir Professeur, j’ai du obtenir un certificat de Maîtrise de physiologie animale, et pour être admis à la Faculté de Chirurgie-Dentaire, j’ai du préparer au C.N.R.S. dans le Laboratoire de Neurophysiologie Végétative une thèse expérimentale sur des animaux anesthésiés concernant le nerf trijumeau : le nerf qui donne la sensibilité aux dents, le nerf sensitif le plus important de l’organisme. Au sein du CNRS, nous avons mis en évidence que chez tous les mammifères (donc l’homme), contrairement aux idées reçues, les dents étaient certes un organe éventuel de douleur, mais elles étaient pourvues d’organes récepteurs tactiles situés dans le ligament qui fixe la dent dans l’os.
      J’ai soutenu cette thèse en 1970, soit 48 ans, et j’ai continué pendant 7 ans à fréquenter le C.N.R.S une fois par semaine. Depuis, avec passion je n’ai pas cessé de travailler de publier, d’écrire des livres déjà 3, dont un en anglais, le quatrième en préparation qui est la traduction en anglais de Mal de Dos , Fatigue , Migraine………………si vous serrez les dents.
      Pourquoi ce long exposé ? Parce que après 50 ans de recherches fondamentale et clinique, je suis en mesure d’affirmer de prouver, d’assurer que
      * Fibromyalgie (dite de cause inconnue)
      * Syndrome de Fatigue Chronique (dit de causé inconnue)
      * Migraine , migraine accompagnée
      * Acouphènes (= bourdonnements)
      * Cystite interstitielle (dite de cause inconnue)
      * Syndrome de l’intestin irritable
      * Crampes nocturnes dans les mollets
      *Toutes sortes de maladies dite auto-immunes sont corrélées aux différentes formes de bruxisme =
      – le serrement de dents en premier lieu
      -le grincement
      – l’association des deux
      – la simple mise en contact perpétuel des dents entre elles
      – le tapotement des dents
      – enfin le frottement léger continuel
      Tout cela parce que la médecine ignore cette loi neurophysiologique concernant les dents :
      LES DENTS NE SONT EN CONTACT NORMAL ENTRE ELLES QUE LORS DE LA DÉGLUTITION
      Bien pis, l’adage français, d’un stupidité consternante, magnifie le serrement de dents :

      Ce n’est rien, sois courageux ( euse), serre les dents !

      IL est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé : Albert EINSTEIN

      Bien à vous

  2. Bonjour. Quant on connais les degats que cause la scoliose sur nos enfants, ce que vous dite devrais etre vu par la medecine scolaire. Si elle existe encore.

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