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Palpation du Muscle Ptérygoïdien Latéral et Triade de la Dent : technique de diagnostic

En 1982, quand le Directeur de l’Assistance Publique de Marseille  fit l’honneur de confier au professeur de la Faculté de Chirurgie-Dentaire que j’étais une consultation consacrée au traitement de la douleur, je pris conscience de 2 choses :

1°) Qu’il était de mon devoir d’appliquer la directive européenne d’application directe, de 1978,  laquelle donnait aux chirurgiens-dentistes  exactement le même pouvoir thérapeutique qu’aux médecins stomatologistes. Le chirurgien-dentiste avait désormais tous les moyens de diagnostic et  de traitement concernant : les dents , la bouche, les maxillaires et les tissus attenants.

2°) Que cette directive donnait enfin au chercheur que j’étais, les moyens cliniques de mettre au point une technique de diagnostic clinique. Ceci pour obtenir de manière simple, non invasive et sans équipement particulier un diagnostic positif de S.A.D.A.M.

Il  était bien entendu que le diagnostic d’une luxation discale des articulations temporo-mandibulires (A.T.M.) réductible ou irréductible exigeait, déjà à l’époque une arthrographie des A.T.M. Cette exploration est depuis avantageusement remplacée par l’I.R.M.

Je me suis d’abord inspiré des travaux du Docteur Janet Travell.

J’ai utilisé la palpation du muscle ptérygoïdien latéral (un des premiers muscles mis à mal par un serrement de dents continuel et/ou intense) comme élément diagnostique dans la mise en évidence d’un S.A.D.A.M.

Il s’est avéré pathognomonique.

Pour Travell, le muscle ptérygoïdien latéral palpé, en souffrance, se révélait très douloureux et déclenchait un sursaut réflexe d’élévation du corps du patient (jump sign).

Palpation du muscle ptérygoïdien latéral

Un seul signe clinique n’étant pas déterminant pour un clinicien, il convenait d’en rechercher d’autres complémentaires.

Je profitais de mon expérience personnelle en clientèle privée pour synthétiser les doléances de mes patients qui majoritairement désignaient des zones bien distinctes comme étant des zones de douleurs intenses :

  • – la zone de la tempe : les trois muscles temporaux
  • – la nuque : zone du muscle sterno-cleïdo-mastoïdien
  • – le sourcil : le point d’émergence du nerf infra-orbitaire

 

Lorsqu’il y avait pathologie de type S.A.D.A.M., ces trois zones étaient systématiquement douloureuses à la simple palpation. La réunion impérative des 3 permet un diagnostic différentiel sans équivoque !

Lexique
pathognomonique = signe clinique ou symptôme qui se rencontre uniquement dans une maladie déterminée et qui suffit à en établir le diagnostic.

J’appelais cette technique de diagnostic « La Triade de la Dent »

c'était dans les années 1982-1990

A l’époque, tout ne s’est pas fait aussi simplement que je le raconte ici.

Lorsque dans mes nombreuse publications scientifiques je mentionnais la palpation du muscle ptérygoîdien latéral comme pathognomonique d’un S.A.D.A.M, des publications d’anatomistes en France et aux U.S.A. s’accordèrent à mettre à mal ce procédé de diagnostic en précisant que sur le cadavre ce procédé n’était pas valable. Résigné mais pas convaincu du tout, je dus pourtant m’incliner. Quelle revanche m’a apporté dans les années 2000, l’arrivée de l’I.R.M f, contre ces « chercheurs sur cadavre »…  laquelle établit de manière formelle et indiscutable la faisabilité de la palpation du mucle ptérygoïdien latéral sur un patient vivant.

Les trois zones de la Triade de la Dent

La Triade De la Dent :
La zone de la tempe : au moins un des trois muscles temporaux doit être sensible à la palpation soutenue
La nuque : un point sensible au moins le long du corps du muscle sterno-cleïdo-mastoïdien (SCM) – (Droite ou Gauche)
Le sourcil : le point d’émergence du nerf infra-orbitaire doit être sensible à la palpation soutenue – (Droite ou Gauche)

A la suite d’un diagnostic positif établi il appartient au praticien de rassurer le patient et lui dire que son cas est guérissable :

– Grâce à la technique Hartmann-Bratzlavski ainsi que celle des gommettes et du cérémonial de la prise de sommeil, décrites en détail dans ce site

– Grâce enfin et surtout à la Technique Hartmann-Cucchi également décrite dans ce site.

NB : la pose de la gouttière mandibulaire étant toujours différée après la quatrième séance de traitement de la Technique Hartmann-Cucchi.

Publications scientifiques du Professeur Francis Hartmann
Bibliographie sélectionnée :

HARTMANN F. Les douleurs crânio-faciales d’origine dentaire Médit. Médic., 1979 ,180 , 3 , 5-15

HARTMANN F., VEDEL J.P., MEI N. Physiologie et physiopathologie de la mastication Encycl. Medic. Chir., Paris , 1982, Stomato. , 22008, A 15

HARTMANN F., MEI N., VEDEL J.P. Bases neuro-physiologiques de l’occlusion Encycl. Medic. Chir., Paris, 1979, Stomato., 22008, C 10

HARTMANN F. Etude de la décharge des différents récepteurs appartenant au territoire trigéminal. Enregistrement par microelectrodes axtracellulaires au niveau du ganglion de Gasser Thèse 3ème cycle, Marseille, 1970 , 67 p

HARTMANN F., MEI N., SALENC C., TRUB M. Sensibilité desmodontale et croissance osseuse Le Chir.-Dentiste de France, 1980, 73 ,57-8

HARTMANN F ., SALENC C., AUBERT M. Données nouvelles sur l’importance et le rôle de la sensibilité desmodontale Orthodontie française , 1978 ,49, 347-50

HARTMANN F., CUCCHI G. Syndrome des ptérygoidiens et douleurs oculaires Médit. Médic., 1986, 347 , 27-30

HARTMANN F., CUCCHI G., ANTRASSIAN J., TRENTINELLA C., OROFINO J. Neurophysiologie et équilibration en prothèse adjointe total Les Cahiers de Prothèse, 1985 , 51 , 79-90

HARTMANN F., BONFIL J-J., DRUON A.P., TRENTINELLA C., CUCCHI G. Le Syndrome algo-dysfonctionnel de l’Appareil Manducateur Médit. Médic., 1983 , 295 , 49-54

HARTMANN F., PLANCHE D., CAPPONI C., CUCCHI G. Manducation et troubles de l’audition Médit. Médic., 1986 , 356 , 19-22

HARTMANN F., CUCCHI G. Muscle ptérygoïdien et S.A.D.A.M. : Diagnostic précoce et traitement Revue d’Odontostomatologie Tome XVI, 3 : 209-218

HARTMANN F., CUCCHI G. (1988) Le Syndrome de Costen : réévaluation du diagnostic Médit. Medic., 376 : 3-12

HARTMANN F., SARRAT P., GAUDY J.F., CUCCHI G., SUSINI G. (1988) Muscle ptérygoïdien latéral, dissection anatomique et imagerie médicale. Perspectives dans le traitement du S.A.D.A.M.Act. Odont. Stomat., 1988, 163, 545-566

HARTMANN F., CUCCHI G., OROFINO J. Trouble occlusal sévère et syndrome des ptérygoïdiens. Une solution à un problème clinique. Inform Dent 1989, 8 : 549-554

HARTMANN F., SAUGET Y, OROFINO J. Incidence des chocs sur la posture et le mouvement de l’articulation temporo-maxillaire Compte rendu du XIVème Congrès de la Société de Biomécanique 1989

HARTMANN F, CUCCHI G (1993) Les Dysfonctions cranio-mandibulaires Springer Verlag 185p

HARTMANN F, CUCCHI G (2013) NEW DATA about TEETH CLENCHING & OUTCOMES Springer –Verlag 300p

HARTMANN F. ( 2014) « Mal de Dos Fatigue, Migraine… si vous serrez les dents » Ed Kawa 207 p

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7 Comments

  1. Bonjour Proffesseur,

    J’ai presque tous les symptômes du serrage de dents. Démangeaison dans la face, douleur et grosse contracture musculaire entre la pommettes et la mâchoires, douleurs cervicale, acouphènes, contracture dans les épaules. J’ai 46 ans et vie sur Paris. J’ai commencé la technique il y a 10 jours et je me suis fait faire une gouttière pour la nuits.
    Pour le moment rien y fait.
    Un chirurgien dentiste m a proposé des injections de Botox pour relâcher les muscles. Cela m’a un peu effrayé.
    Je recherche donc un dentiste qui connaît votre technique d’injection d’anesthésie ?

    Merci pour votre aide.
    Très Cordialement
    Olivier

  2. Bonjour Professeur Hartmann,

    c’est un témoignage ancien par lequel je profite de vous présenter mes remerciements.

    vers 1992, j’ai souffert pendant plusieurs mois d’un mal de gorge vif et persistant et de douleurs aux oreilles et mâchoires, j’ai suivi un parcours du combattant, généraliste, oto-rhino-laryngologiste, radio, bilans sanguins, sans trouver de réponse, me sentant en pleine dépression et croyant souffrir d’un cancer de la gorge.
    un ami kiné m’a donné une feuille de papier avec le dessin anatomique de la tête avec ce que l’on appelait alors le syndrome des ptérygoïdiens, et une référence : la votre à la Faculté dentaire à Marseille ( mais qui il me semble se situait vers le Port ou avenue de la Corse je ne sais plus).
    je me suis rendu à votre cabinet, lors de la consultation vous avez fait le diagnostic et avec votre assistant vous m’avez injecté un myorelaxant dans ce muscle droit avec une seringue munie d’une longue aiguille courbe en me piquant par la bouche.
    10 minutes après, je suis allé boire un café au bar en face de fac dentaire et miracle je n’avais plus mal du tout !!!
    je n’ai plus souffert du tout de ces douleurs, sauf en périodes de stress où il m’arrive quelquefois d’avoir pendant des périodes, des douleurs moindres , mais maintenant je sais ce que cela peut être donc je me détends.

    merci encore

    1. Bonjour Patrice
      Je vous remercie pour votre témoignage spontané qui j’espère sera lu par ceux qui doutent encore. Malheureusement, votre parcours du combattant est d’une fréquence, hélas, extrême… Il y a une volonté farouche d’exclure le pouvoir pathogène des récepteurs tactiles des dents que j’ai décris depuis presque 50 ans lors de mes activités au CNRS.
      27 ans de recul et un résultat thérapeutique excellent, après infiltration bilatérale d’anesthésique local, sans adrénaline dans la fosse infra temporale, selon la Technique Hartmann-Cucchi (ex fosse ptérygo-maxillaire), voilà un résultat qui ne peut qu’intéresser les ORL et les laryngologues. Le lien étroit entre le nerf trijumeau, plus exactement le nerf mandibulaire (V3) et le nerf glossopharyngien (IX), lequel innerve le pharynx est ainsi démontré.

  3. Bonjour Professeur,
    Je vous remercie, juste quelques précisions:
    1- Est-ce qu’un ou plusieurs points de la triade peuvent ils être spontanément douloureux (sans appui dessus) et donc exprimé spontanément par le patient?
    2-Est-ce que les points de la triade se retrouvent toujours du même côté que le muscle ptérygoïdien latéral douloureux à la palpation?
    3-Peut on retrouver dans certains cas les 3 points de la triade de façon bilatérale (3 points à droite et 3 points à gauche) et si oui dans quel cas?
    En vous remerciant par avance
    Cordialement
    Olivier

  4. Bonjour Professeur,
    Dans la triade de la dent pour être positive doit on trouver les 3 zones douloureuses à la palpation ( tempe, nuque et sourcil) toutes du même côté (3 points à Droite ou 3 points à Gauche) ou on peut trouver des points à la fois d’un coté et de l’autre (à titre d’exemple le point de la tempe à droite, nuque à gauche et sourcil à gauche) ?
    Merci de vos précisions
    Cordialement

    1. BonjourOlivier- Les 3 points doivent se trouver IMPÉRATIVEMENT du même côté
      En général, un seul côté suffit pour suspecter fortement un dysfonctionnement temporo mandibulaire.
      Par contre, au niveau de la tempe, il y a 3 chefs musculaires: le muscle temporal antérieur , le moyen et le postérieur, il arrive très souvent que 2 soient totalement insensibles à la palpations, seul le 3ème répond. C’est la raison pour laquelle, la palpation de la tempe demande de la rigueur, chaque chef musculaire doit être palpé minutieusement sur toute sa surface.
      Bien à vous

      1. Bonjour Mr Hartmann,
        J’ai en effet les 3 points de la triade sensible du côté gauche, mais à quelle intensité doit on palper. Car quand j’y vais franco c douloureux ( 4 sur une échelle de 10,10 étant très douloureux) je ne sers pas les dents là journée mais me réveille quasi tous les matins avec la mâchoires serrée. J’ai des vertiges ou sensation de vertiges ou encore sensation ebrieuse ( j’ai aussi une spondilartrite ankylosante. Merci pour vos conseils

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