Mais que signifie donc cette expression « serrement de dents trop intense et/ou trop prolongé » ?

Partout dans ce site nous parlons de « serrement de dents trop intense et/ou trop prolongé » et de pathologies associées.

Dans uns situation normale, il faut être au courant des données qui permettent une mastication harmonieuse et profitable à l’organisme.

Lors  de la mastication des aliments les dents ne se touchent pas entre-elles, elles écrasent le bol alimentaire, quand celui-ci est finement mastiqué, les dents finiront par se toucher et déclencheront automatiquement le besoin d’avaler (de 2000 à 3000 fois par jour selon la personne et ses habitudes alimentaires). Dans ce cas, les capteurs d’informations des dents : les récepteurs tactiles dentaires délivrent lors de la mastication, des informations bénéfiques qui atteignent l’hippocampe, région du cerveau où siègent les neurones de la mémoire et de l’orientation spatiale. Ces messages sensitifs sont indispensables pour que ces neurones à fonction précise gardent leur intégrité.

Stupéfiant, je vous le concède, mais attesté par des dizaines et des dizaines de publications scientifiques de haut niveau en provenance de l’Extrême-Orient.

Mais que se passe-t-il dans le cas du « serrement de dents trop intense et/ou trop prolongé » ?

Tout d’abord, trouvons la cause. Pour quelles raisons une personne se met-elle à crisper sans cesse les mâchoires dents serrées, ce que les professionnels dénomment bruxisme centré ?  La bibliographie internationale s’accorde à reconnaître que la FRUSTRATION en est la cause principale (décès d’un être cher, divorce, perte d’emploi, soucis…).

Dans ces cas de bruxisme et de crispation continuelle des mâchoires dents serrées, les dents sur-stimulées sont susceptibles de dérégler gravement l’adaptation de leurs capteurs tactiles. Autrement dit d’envoyer un somme d’informations inadaptées susceptibles de projeter dans tout l’organisme : ce n’est plus seulement l’hippocampe qui reçoit ces informations « anormales », mais  tout le système nerveux central :
– moelle épinière
– cerveau
– cervelet (centre de l’équilibre )
– hypothalamus
– Noyaux vestibulaires (centre de l’équilibre)

Pression exercée par la « morsure d’un homme » : 15 à 20 kg/cm2

Cet « excès d’informations » est susceptible de créer des pathologies déconcertantes pour le praticien et débilitante pour la malade car je le rappelle : ce sont majoritairement les femmes qui sont frappées par ce type de pathologies.

La mastication normale (pendant laquelle les arcades dentaires ont des rapports harmonieux entre-elles) relève de la physiologie, la crispation des mâchoires dents serrées relève d’une physio-pathologie qui n’a rien d’anodin. La bibliographie internationale s’accorde  à reconnaître une différence entre l’homme et la femme. La femme possède des hormones : les œstrogènes. L’homme en possède très peu. Il a été établit que la présence d’œstrogènes multiplie de façon significative les messages sensitifs issus du nerf trijumeau : le nerf des dents en leur confèrent en général un caractère douloureux.

lexique : occlusion
Etat de contact entre les dents.
Bibliographie
…et ouvrez la référence bibliographique pour accéder aux commentaires (si disponibles).

Le déséquilibre de l'occlusion induit, via le stress, un déficit de la mémoire spatiale et une dégénérescence des neurones de l’hippocampe chez la souris SAMP8 Kubo KY, Yamada Y, Iinuma M, Iwaku F, Tamura Y, Watanabe K, Nakamura H, Onozuka M Neurosci Lett. 2007 Mar 6;414(2):188-91

Nous avons examiné l’effet de la dysharmonie occlusale dans la sénescence accélérée de la souris (SAMP8), sur le taux plasmatique de corticostérone, le nombre de neurones de l’hippocampe et la performance spatiale. Expérience réalisée dans un labyrinthe aqueux.L’augmentation de la dimension verticale d’occlusion était associée avec un vieillissement accéléré relié à un déclin de la mémoire spatiale, l’augmentation du taux de cortisone plasmatique et une diminution du nombre de neurones dans l’aire hippocampique CA3T. Ces données suggèrent que l’augmentation de la dimension verticale d’occlusion chez la souris âgée à sénescence accélérée (SAMP8) induit une perte de neurones de l’hippocampe, conduisant de cette manière à un déficit sénile de la mémoire

Répétons-le : « le mécanisme de l’information sensorielle est comparable chez tous les mammifères » Pr HUBEL., Professeur de Neurophysiologie – Harvard Institute, Prix NOBEL

Le déséquilibre de l'occlusion affecte la libération de corticostérone plasmatique et de noradrénaline hypothalamique chez le rat T. Yoshihara*, Y. Matsumoto, and T. Ogura ; J Dent Res 80(12):2089-2092, 2001

Peu d’études neuro-endocrinologiques ont examiné la relation entre dysharmonie occlusale et stress. Pour déterminer l’effet d’une dysharmonie occlusale sur le système nerveux central, on a mesuré les taux de corticostérone plasmatique et de noradrénaline extracellulaire du noyau paraventriculaire de l’hypothalamus chez les rats munis ou non de capes incisales. Une fois les capes posées, les niveaux de corticostérone plasmatique et de noradrénaline extracellulaire ont graduellement augmenté, atteignant un pic après 8.5, respectivement 6,5 heures, après quoi ils ont diminué. Par ailleurs, les niveaux de corticostérone plasmatique et de noradrénaline extracellulaire augmentent de façon circadienne au début de la phase d’obscurité, chez les rats sans capes, mais pas chez les rats avec capes. Ces résultats suggèrent que la dysharmonie occlusale cause un stress chronique chez le rat.

Effets de la déviation mandibulaire sur l'activation du cerveau durant la crispation des mâchoires dents serrées : Une étude préliminaire à l'IRM fonctionnelle. T. Otsuka, K. Watanabe, Y. Hirano, K.. Kubo, S. Miyake, S. Sato, K..Sasaguri. (2009) J. Craniomandib. Pract.;17, 88-93

Par le biais de l’IRM fonctionnelle (IRMf ), on a mesuré chez 8 sujets sains, les signaux du Niveau Dépendant d’Oxygénation Sanguine (NDOS). Cette présente étude s’est effectuée durant une crispation de mâchoires dent serrées avec, d’un côté, un modèle de malocclusion, en se servant d’une gouttière qui forçait la mandibule à prendre une position reculée, et de l’autre une gouttière de contrôle. On a comparé dans les deux cas les signaux du NDOS durant des conditions de repos identiques. (…) Durant les deux conditions de serrement, on a observé des activations dans quatre régions du cerveau : le cortex pré-moteur, le cortex pré-frontal, le cortex sensori-moteur, l’insula. Cependant le serrement sur le modèle de malocclusion, entrainant un dysconfort psychologique, augmentait les signaux NDOS au niveau du cortex cingulaire antérieur et de l’amygdale (petite région du cerveau, N.d.T.) (…) Ces données peuvent suggérer l’implication du serrement excessif des dents au niveau du cerveau, dans des conditions de mauvaise occlusion, due à un processus neuronal réagissant à une émotion ou à une douleur.

Commentaires (Prof. Hartmann) : ces commentaires vont déborder le cadre du résumé et insister sur certains passages de l’article non développés dans le résumé précité. Il est prouvé par ces chercheurs japonais que la position rétropulsée de l’articulation temporo-mandibulaire peut influer une région bien précise des centres supérieurs : l’amygdale. Cette structure (rien à voir avec la gorge) est le centre de l’agressivité. On comprend mieux les confidences des patientes qui serrent les dents excessivement et qui reconnaissent spontanémént, lors de l’examen clinique : « Je ne sais pas pourquoi, à certains moments, je deviens odieuse, agressive. Elles sont excusables : un traitement visant à l’arrêt de la crispation des mâchoires dents serrées normalisera leur caractère. Nous l’avions observé, après traitement ; de nombreuses patientes avouaient spontanément ce changement de caractère que nous étions bien incapables de leur expliquer. Hommage soit rendu aux chercheurs japonais !

9 Comments

  1. C’est presque passionant de lire vos articles. Mais le problème que vous évoquez est bien celui de l’ig’orance de votre travail par vos confrères ? Pourquoi on ne trouve jamais vos travaux sur les sites classiques consacré au bruxisme ?

  2. Parce que BRUXEIN en grec signifie = grincer des dents et que le grincement est une dyskinésie plutôt masculine (définition d’une dyskinésie : du grec:dus= mauvais ; kinesis = mouvement). Le terme anglais parafonction serait plus compréhensible ; malheureusement ce mot n’est pas français !
    Ce sont les femmes (80 à 90% des cas) qui grincent peu mais essentiellement serrent les dents lesquelles sont victimes de symptômes déconcertants pour les médecins mais toujours débilitants pour les malades. Voilà pourquoi je tends à me distinguer essentiellement de mes confrères. C’est pourquoi, je parle essentiellement de crispation des mâchoires dents serrées le jour et/ou la nuit. Aussi étrange, extravagant, inadmissible en première analyse, j’en conviens, la réalité est là. Une femme frustrée par la vie, jouera anormalement avec ses dents.Quand on lit avec attention le publications venues d’Extrême-Orient concernant le rôle des dents dans la genèse et l’entretien de la maladie d’Alzheimer et de la démence sénile, sujets que j’aborde dans ce site, j’en conviens avec vous : il y a quelque chose de passionnant !
    Bien cordialement

  3. Je serrais les dents, la nuit, de manière intense et continuelle. Le matin au réveil j’étais épuisée. Les médecins consultés, après de nombreux examens approfondis m’ont signifié que je présentais un syndrome de fatigue chronique dont la cause est inconnue. Un chirurgien-dentiste, ex attaché à la Faculté Dentaire de Marseille auprès du Pr Francis HARTMANN m’a fait le traitement que le professeur préconise. En insistant pour me faire prendre conscience que ma fatigue était bien due à mon serrement de dents.
    Après deux mois de traitement, je n’ai plus l’ombre d’un sentiment de fatigue.
    Je suis avertie que si, par malheur, je reprenais mon T.O.C, le sentiment de fatigue serait ben pis que la première fois !

  4. bonjour, mon medecin ne connais pas M Hartmann mais je lui ai donné les coordonnées de ce site, si vraiment ca marche se serait super car moi aussi je suis crevée de dormir !

  5. Bonjour, l’ostéopathie prend en compte toutes ces problématiques depuis fort longtemps. C’est incorrect de dire que tout ce dont vous causez n’est pas connu. Par contre, merci pour votre soutien scientifique, mais il serait utile dans vos « solutions » que vous n’omettiez pas les traitements ostéopathques qui obtiennent dexcellents résultats. Merci d’avance.

  6. Je ne l’oublie pas.
    J’ai écrit 3 livres à ce sujet. Le premier remonte à 1993, il y a 25 ans J’avais des ostéopathes dans ma consultation sur la douleur à la Faculté d’Odontologie de Marseille. Le traitement osteopathique est d’une grande efficacité, mais si l’obstacle dentaire n’es pas balayé : il y aura, le plus souvent, des récidives.

  7. Bonjour
    Mon ostheopate me soigne pour des problèmes d’ATM et j’ai parlé de ce site. Il connais en effet le problème sans connaitre M; Hartman. Pourquoi en effet puisque c’est connu de l’ostheopatie vous n’en parlez pas sur votre site ? Est ce que ce sont deux choses différentes ? j’avoue ne plus trop comprendre pour quoi il y a deux explications et deux traitements différents pour la même chose ?

  8. Len chirurgien – dentiste en premier, pour stopper la dyskinésie de serrement, ensuite l’ostéopathe. Employons le terme anglais « parafonction »: Cette manie, ce tic ce T.O.C (trouble obsessionnel compulsif) anodin en apparence est une calamité pour l’organisme féminin 90% des cas. Si l’obstacle dentaire n’est pas arrêté l’acte ostéopathique efficace dans un premier temps sera, hélas, suivi de récidive .

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